14 avril 2008
Extraits Recueil "Couleurs du Temps" de Marie-Claire MELCHIOR
Le petit bonhomme d’août,
Tendre graine d’artiste,
Sur « son » rocher assis,
Contemple et puis dessine
Un grand soleil de feu
Qui plonge dans la mer.
Le petit bonhomme d’août,
Jeune apprenti - poète,
Sur les vagues câlines
Noie ses yeux envoûtés.
Candide, inexprimée,
Poésie enfantine…
Mon petit bonhomme d’août,
De la mer qui s’endort
Ecoute la berceuse.
Sortant l’harmonica
De sa poche sableuse,
Il l’accompagne en la.
Qu’est devenu le temps,
Qu’est devenu l’autan,
Le laurier du jardin,
La forêt de sapins ?
Universel irréel,
Paysage virtuel,
Effacés, les roseaux,
Endormis, les oiseaux…
L’étreinte du brouillard,
Immobile et blafard,
Etouffe les couleurs,
Etrangle le bonheur.
Mais était-ce le vent,
Le rire d’un enfant ?...
Voici qu’une éclaircie
Vient réveiller la vie.
Marie-Claire MELCHIOR
Le Salon des Poètes de Lyon
1er Prix Mignardises 2007
Extraits Recueil « Couleurs du Temps »
12 avril 2008
"Géographie pour une Girouette" de Marie-Claire MELCHIOR
« Géographie pour une Girouette »
Sur le clocher gris d’un village,
Un coq en fonte s’ennuyait.
« Tu voyages avec les nuages »
Lui répétait le vent d’été.
« De ma campagne je suis las »
Gémissait le pauvre soudé.
Une nuit de sortilège, nuit de la Saint-Jean,
Il se fit emporter sur les ailes du vent.
Il vola dans le vaste monde,
Croisant l’aigle royal, ou le grand albatros,
Vit la pyramide de Khéops,
Les sources du Nil, les méharis,
L’Afrique brûlante jusqu’au Kalahari…
Pris en croupe par un vent de mousson, sur l’Océan Indien,
Il chevaucha jusqu’à Bangkok,
Curieux voyage pour un coq !
Vers l’Australie redescendit et s’attaqua au Pacifique.
Cria grâce et fit escale au Brésil…Samba !
Emporté par le Nord, de justesse évita
Les chutes du Niagara.
Congelé au Cercle Polaire il se sentit bien solitaire.
Volant de concert avec l’Oie d’Andersen,
Sur sa France perdue il se lamentait.
Enfin, une douce nuit de Noël,
Par un charitable alizé
Sur son clocher fut déposé.
Tintant gaiement, la cloche l’accueillit : ding-dong !
« Pourquoi vouloir partir au loin ?
Ta vie est là, c’est là ton coin.
Sur le clocher de ton village,
Tu voyages avec les nuages ! »
Marie-Claire MELCHIOR
Prix de la Fable 2007
Société des Poètes et Artistes de France
Délégation Ile-de-France
Poème extrait du Recueil « Voyages »
Si vous saviez pourquoi ...de Marie-Claire MELCHIOR
Si vous saviez pourquoi...
Si vous saviez pourquoi je n'aime pas la pluie...
Elle a noyé mon coeur sous un flot de chagrin,
Du beau muguet de mai pourri les derniers brins.
Sous un ciel torturé, bien plus longue est la nuit.
Si vous saviez pourquoi je n'aime pas l'hiver,
Sa grisaille glacée aux branches dépouillées...
On dirait que mes cartes sont dépareillées,
Il me semble jouer dans un monde pervers.
Si vous saviez pourquoi je n'aime pas la fête,
Son habit de clown triste et ses éclats trompeurs,
Ses coupes de champagne aux perfides vapeurs...
Nous aussi nous avions du bonheur plein la tête.
Si vous saviez pourquoi je n'aime pas les gares...
Qui parle d'évasion, qui parle de plaisir ?
Ces trains fuyant au loin me volent mon désir;
Ils aiguisent ma peine et ma douleur s'égare.
Si vous saviez pourquoi je hais les adieux,
Même ceux qui se donnent l'air d'un au revoir.
Ne me consolez pas, vous ne pouvez pas savoir...
Il n'avait même pas de larmes dans les yeux !
Marie-Claire MELCHIOR
2ème Prix Poésie Néo-classique
ALVO 2007
Amitiés Littéraires du Val d'Orléans
Les amants de l'aube de Marie-Claire MELCHIOR
Les amants de l'aube
La magie des ténèbres touche à son déclin,
La nuit privée d'étoiles a perdu sa richesse.
On dirait que déjà s'anime le moulin,
Prêt à moudre les grains avec tant de finesse.
Une clarté laiteuse envahit tout le ciel
Où triompphe bientôt la splendeur azurée.
Au levant, le soleil esquisse un trait de miel,
Avant de se répandre en lumière dorée.
L'enchantement de l'aube est déjà souvenir,
Faisant place à la douce lassitude tendre.
Les derniers mots d'amour offerts dans un soupir
Sont murmure d'amants que nul ne peut entendre.
Le labour du sommeil les prend dans son sillon.
Ils ne voient pas les jeux du jeune chien agile,
N'entendent pas l'appel obstiné du grillon,
Ni l'envol du maudit carillonneur habile !
Marie-Claire MELCHIOR
2ème Prix Poésie Néo-classique
ALVO 2007
Amitiés Littéraires du Val d'Orléans
Petite fille afghane de Marie-Claire MELCHIOR
Petite fille afghane
« Il n’y a pas de lumière dans cette vie ! »
Qu’ils sont poignants ces mots prononcés par l’enfant,
Au sol agenouillé, dans un air étouffant,
En deuil de son enfance qu’on lui a ravie.
Fillette de huit ans, d’une main si fragile,
Active et si menue, aux milles contusions,
Nous jetant un regard déjà sans illusions,
Tu pétris sans relâche la terre d’argile.
Petite fille afghane au si joli visage,
Tout maculé de boue et peut être de pleurs,
Si tu ne sais compter ni briques ni malheurs,
D’autres de ton labeur savent bien faire usage.
Si jamais tu survis jusqu’à l’adolescence,
On ne le verra plus ce minois sacrifié.
Ensevelie avec ton pays crucifié,
Tu deviendras fantôme au nom de la décence.
Maudite hypocrisie en étoffe azurée !
Derrière cette grille d'épais canevas,
En levant tes grands yeux, jamais tu ne verras
Le vrai bleu de ton ciel, ni l’étoile dorée.
Je ne puis t’oublier, ton image me hante.
Comment sauver ton pauvre avenir incertain ?
Dans ton regard trop grave, il faudrait un matin
Que se lève un rayon de lumière qui chante.
Petite fille afghane…
Marie-Claire MELCHIOR
Le Salon des Poètes de Lyon
Prix de Poésie Adultes 2007
Section NC - Néo-classique
2ème Prix