MELCHIOR Marie-Claire

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29 mai 2013

Actualité

 Le 1er mai...

La maison de mes enfants a été incendiée après un cambriolage.

Je ne puis retenir mon cri de mère, de grand-mère, de citoyenne et

de poète triste.

" Indignez-vous! " a dit Stéphane Hessel. C'est le moment.

 

L'enfance incendiée

 

Ils sont venus la nuit dans la maison bien close

Qui croyait protéger les meubles, les objets.

Ils n'ont pas trouvé d'or, et pas la moindre chose

Assurant le butin de leurs sombres projets.

Ils ont tout saccagé, livrant à l'incendie

Allumé dans l'entrain d'une infernale ardeur

Tous les humbles trésors, les compagnons de vie

Qui font de quatre murs un havre de bonheur.

Quand l'enfant est venue, elle a vu ses poupées.

Petit fantôme informe au masque grimaçant,

Son poupon préféré tend des mains calcinées.

Dans cet âcre chaos, tout paraît désolant.

Chaussons de petit rat, ces deux guenilles noires ?

La fillette a pleuré. Cours de danse demain !

Ces choses-là n'arrivent que dans les histoires...

Un frisson la secoue. Elle a grandi soudain.

Subirons-nous longtemps sur notre sol de France

Ces vauriens criminels, ces gens sans foi ni loi

Qui brûlent les maisons et les chaussons de danse

Des enfants dont les rêves seront pleins d'effroi ?

 

Marie-Claire Melchior

 

 

 

 

 

 

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14 avril 2008

Extraits Recueil "Couleurs du Temps" de Marie-Claire MELCHIOR

Le petit bonhomme d’août,

Tendre graine d’artiste,

Sur « son » rocher assis,

Contemple et puis dessine

Un grand soleil de feu

Qui plonge dans la mer.

Le petit bonhomme d’août,

Jeune apprenti - poète,

Sur les vagues câlines

Noie ses yeux envoûtés.

Candide, inexprimée,

Poésie enfantine…

Mon petit bonhomme d’août,

De la mer qui s’endort

Ecoute la berceuse.

Sortant l’harmonica

De sa poche sableuse,

Il l’accompagne en la.

Qu’est devenu le temps,

Qu’est devenu l’autan,

Le laurier du jardin,

La forêt de sapins ?

Universel irréel,

Paysage virtuel,

Effacés, les roseaux,

Endormis, les oiseaux…

L’étreinte du brouillard,

Immobile et blafard,

Etouffe les couleurs,

Etrangle le bonheur.

              Mais était-ce le vent,

              Le rire d’un enfant ?...

              Voici qu’une éclaircie

              Vient réveiller la vie.

Marie-Claire MELCHIOR

Le Salon des Poètes de Lyon

1er Prix Mignardises 2007

Extraits Recueil « Couleurs du Temps »

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12 avril 2008

"Géographie pour une Girouette" de Marie-Claire MELCHIOR

« Géographie pour une Girouette »

Sur le clocher gris d’un village,

Un coq en fonte s’ennuyait.

« Tu voyages avec les nuages »

Lui répétait le vent d’été.

« De ma campagne je suis las »

Gémissait le pauvre soudé.

Une nuit de sortilège, nuit de la Saint-Jean, 

Il se fit emporter sur les ailes du vent.

Il vola dans le vaste monde,

Croisant l’aigle royal, ou le grand albatros,

Vit la pyramide de Khéops,

Les sources du Nil, les méharis,

L’Afrique brûlante jusqu’au Kalahari…

Pris en croupe par un vent de mousson, sur l’Océan Indien, 

Il chevaucha jusqu’à Bangkok,

Curieux voyage pour un coq !

Vers l’Australie redescendit et s’attaqua au Pacifique.

Cria grâce et fit escale au Brésil…Samba !

Emporté par le Nord, de justesse évita

Les chutes du Niagara.

Congelé au Cercle Polaire il se sentit bien solitaire.

Volant de concert avec l’Oie d’Andersen,

Sur sa France perdue il se lamentait.

Enfin, une douce nuit de Noël,

Par un charitable alizé

Sur son clocher fut déposé.

Tintant gaiement, la cloche l’accueillit : ding-dong !

« Pourquoi vouloir partir au loin ?

Ta vie est là, c’est là ton coin.

Sur le clocher de ton village,

Tu voyages avec les nuages ! »

Marie-Claire MELCHIOR

Prix de la Fable 2007

Société des Poètes et Artistes de France

Délégation Ile-de-France

Poème extrait du Recueil « Voyages »

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Les amants de l'aube de Marie-Claire MELCHIOR

Les amants de l'aube

                                                                                                                                           

La magie des ténèbres touche à son déclin,

La nuit privée d'étoiles a perdu sa richesse.

On dirait que déjà s'anime le moulin,

Prêt à moudre les grains avec tant de finesse.

                                                                                                                                          

Une clarté laiteuse envahit tout le ciel

Où triompphe bientôt la splendeur azurée.

Au levant, le soleil esquisse un trait de miel,

Avant de se répandre en lumière dorée.

                                                                                                                                           

L'enchantement de l'aube est déjà souvenir,

Faisant place à la douce lassitude tendre.

Les derniers mots d'amour offerts dans un soupir

Sont murmure d'amants que nul ne peut entendre.

                                                                                                                                          

Le labour du sommeil les prend dans son sillon.

Ils ne voient pas les jeux du jeune chien agile,

N'entendent pas l'appel obstiné du grillon,

Ni l'envol du maudit carillonneur habile !

                                                                                                                                              

Marie-Claire MELCHIOR

2ème Prix Poésie Néo-classique

ALVO 2007

Amitiés Littéraires du Val d'Orléans

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Petite fille afghane de Marie-Claire MELCHIOR

Petite fille afghane

« Il n’y a pas de lumière dans cette vie ! »

Qu’ils sont poignants ces mots prononcés par l’enfant,

Au sol agenouillé, dans un air étouffant,

En deuil de son enfance qu’on lui a ravie.

Fillette de huit ans, d’une main si fragile,

Active et si menue, aux milles contusions,

Nous jetant un regard déjà sans illusions,

Tu pétris sans relâche la terre d’argile.

Petite fille afghane au si joli visage,

Tout maculé de boue et peut être de pleurs,

Si tu ne sais compter ni briques ni malheurs,

D’autres de ton labeur savent bien faire usage.

Si jamais tu survis jusqu’à l’adolescence,

On ne le verra plus ce minois sacrifié.

Ensevelie avec ton pays crucifié,

Tu deviendras fantôme au nom de la décence.

Maudite hypocrisie en étoffe azurée !

Derrière cette grille d'épais canevas,

En levant tes grands yeux, jamais tu ne verras

Le vrai bleu de ton ciel, ni l’étoile dorée.

Je ne puis t’oublier, ton image me hante.

Comment sauver ton pauvre avenir incertain ?

Dans ton regard trop grave, il faudrait un matin

Que se lève un rayon de lumière qui chante.

            Petite fille afghane…

Marie-Claire MELCHIOR

Le Salon des Poètes de Lyon

Prix de Poésie Adultes 2007

Section NC - Néo-classique

2ème Prix

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