Le 1er mai...

La maison de mes enfants a été incendiée après un cambriolage.

Je ne puis retenir mon cri de mère, de grand-mère, de citoyenne et

de poète triste.

" Indignez-vous! " a dit Stéphane Hessel. C'est le moment.

 

L'enfance incendiée

 

Ils sont venus la nuit dans la maison bien close

Qui croyait protéger les meubles, les objets.

Ils n'ont pas trouvé d'or, et pas la moindre chose

Assurant le butin de leurs sombres projets.

Ils ont tout saccagé, livrant à l'incendie

Allumé dans l'entrain d'une infernale ardeur

Tous les humbles trésors, les compagnons de vie

Qui font de quatre murs un havre de bonheur.

Quand l'enfant est venue, elle a vu ses poupées.

Petit fantôme informe au masque grimaçant,

Son poupon préféré tend des mains calcinées.

Dans cet âcre chaos, tout paraît désolant.

Chaussons de petit rat, ces deux guenilles noires ?

La fillette a pleuré. Cours de danse demain !

Ces choses-là n'arrivent que dans les histoires...

Un frisson la secoue. Elle a grandi soudain.

Subirons-nous longtemps sur notre sol de France

Ces vauriens criminels, ces gens sans foi ni loi

Qui brûlent les maisons et les chaussons de danse

Des enfants dont les rêves seront pleins d'effroi ?

 

Marie-Claire Melchior